
Presque déjà trois semaines depuis mon retour en Belgique. Le travail repris, les bougies soufflées, le décalage horaire définitivement absorbé. Mon anniversaire passé, le projet se fond dans sa cause.
Les souvenirs restent, parfois confondant chaque étape dans une grande soupe d’image, parfois évoquant chaque étape comme si elle avait été organisée individuellement et à dix ans d’écart. Le tout s’éloigne à l’horizon. D’ici à ce que la rive aura disparu, d’autres destinations sortiront du brouillard.
Le retour c’est déroulé bien vite. Le départ de Montréal, et les ultimes contrôles de sécurité d’aéroport qui ont trop souvent ralenti mon voyage. Le dernier long vol, un océan de plus à survoler, caché dans la nuit. Un weekend à Berlin aux nuits blanches, entrecoupé de quelques siestes comateuses, à me réveiller sans plus savoir dans quel ville je me suis couché.
Le retour à Bruxelles, dimanche 2 septembre au soir, juste le temps de câliner mon chat, qui a le fair-play de ne pas me faire la tête.. Un lundi matin d’épure, entre arrachage pénible du dodo, mines de circonstances dans le métro, et temps maussade pour arriver au boulot.
Depuis, quelques journées ont pris des allures de mini conférence de presse. Mon blog a été plutôt suivi, pas besoin donc de reprendre toute l’histoire à chaque fois. Presque systématiquement, on me demande toutefois ce qui m’a le plus plu…
Injuste question… Comment pourrait-on me forcer à choisir. Devrais je mettre au sommet les moments où j’ai gravé les dernières marches pour arriver sur la Grande Muraille, les longues promenades sur le port de Sydney, une traversée de lagon collier de fleurs au vent, le bruit sourd des chutes du Niagara ?
Devrais je reléguer en bas de classement les moments où je me suis fondu dans les rues de Tokyo, ou ceux où les circonstances, cocasses ou embrassantes, ont brisé en une seconde les barrières de la langue et de la culture pour faire surgir un instant de communication simple et spontanée entre deux inconnus du bout du monde ?
Bien peu me semble à jeter, bien trop me semble magique pour me risquer à un tel palmarès. Ils ont été trop court peut-être, sûrement même, mais pas à regretter. Voir tant, expérimenter la planète, même en si peu de temps, le jeu en valait bien la chandelle.
On ne sait pas toujours pourquoi on apprend des théorèmes à l’école, pourquoi un diplôme, pourquoi des heures supp., pourquoi du sport, pourquoi des économies… Et puis un jour, bien a posteriori, chaque effort prend un sens.
Un mot pour conclure ?
Un seul me vient à l’esprit. Réaliser un projet, quel qu’il soit, demande un part de détermination personnelle, c’est certain. Mais il y a aussi tous les autres. Ceux dont la générosité ont embelli le scénario de base, et ceux qui m’ont toujours appris à viser haut et à aller au bout de ce que j’entreprends. Leur contribution matérielle et morale a fait toute la différence. Aussi, qu’ils soient encore là pour lire ces lignes ou pas, je tiens à leur dire :
Merci.
|